Solidarité féministe, résistance antifasciste

Nous aimerions pouvoir dire que la mort de Philippine, 19 ans, violée et assassinée en rentrant des cours, a quelque chose d’exceptionnel, mais ce n’est malheureusement pas le cas. Elle est I’une des nombreuses victimes du patriarcat en France : déja 100 femmes ont été tuées depuis le début de I’année 2024 pour le simple fait d’être des femmes.Nous dénoncons ce systéme sexiste, qui met en danger nos vies et celles des personnes qui nous sont chères.

Cependant, ce meurtre n’existe que par un traitement raciste, qu’il nous faut combattre collectivement. C’est une affaire construite par et pour l’extrême droite, qui n’a que faire de ce que subissent les femmes sous le patriarcat et qui, appuyée par le reste des forces réactionnaires, vient une nouvelle fois vomir sa haine des personnes d’origine étrangère, qu’elles soient Arabes ou Noires.

Nemesis, un collectif de femmes fascistes, appelle à un rassemblement « pour Philippine » dimanche à Paris. Rappelons-le : le sort des femmes ne les intéresse pas, il leur permet seulement de servir leur agenda de lutte contre l’immigration, alors que le racisme et l’islamophobie atteignent une intensité toujours plus mortifère.

Ni la prison, une institution déshumanisante, ni les OQTF, un dispositif de la suprématie blanche, n’aideront à la lutte contre le patriarcat : elles sont des rouages à part entière des structures de domination. Pendant ce temps, le maire pro-FN de Mazan relativise les viols subis par Gisèle Pélicot, l’Abbé Pierre ou Gérard Depardieu restent des figures saintes au sein de la société française, les nombreux et souvent anonymes auteurs de violences sexistes et sexuelles continuent de bénéficier d’une protection structurelle. C’est elle que nous devons combattre et anéantir.

Nous exprimons notre solidarité aux proches de Philippine ainsi qu’à toutes celles que le patriarcat a emporté et dont nous ne connaîtrons jamais le nom. Quant aux fascistes, nous continuerons de leur barrer la route sans relâche.